10 mars 2026

Courrieres, le 10 mars 1906

Il y a 120 ans jour pour jour, 1099 ouvriers, dont 242 enfants, les galibots, étaient tués par le capitalisme à Courrières. 

La « catastrophe de Courrières » du 10 mars 1906, page terrible et méconnue de l'Histoire du pays. On parle pourtant de la plus importante catastrophe minière de tous les temps en Europe, et la deuxième au monde.

« Pour les 120 ans, des grandes huiles vont venir ici faire semblant d'en avoir quelque chose à foutre des ouvriers. Donc il faut le rappeler : c'est le capitalisme qui les a tué. » 

Il y a un mois, j'étais en reportage à Méricourt, sur le lieu de la catastrophe, le parcours des rescapés. « Rescapés, ça vient du patois : ceux qui en ont réchappé. »

Sous nos pieds, il y a cent vingt ans, une poignée d'hommes a réussi à en sortir vivant. « Trois jours après la catastrophe, la compagnie a dit : on va arrêter les recherches, on va reprendre le travail. » Une partie de la mine est condamnée, pour « préserver le gisement » : pour les profits, toujours. 

« Mais le 30 mars, vingt jours après la catastrophe… treize hommes remontent ! Ils ont bouffé un cheval et bu leur pisse pendant trois semaines. » 

Un miracle, qui va provoquer encore plus de colère contre la compagnie : 60 000 ouvriers en grève jusqu'en Belgique, aux cris « d'assassins ». 

Face aux mineurs, Georges Clemenceau, ministre de l'intérieur de l'époque, envoie 30 000 gendarmes et soldats. Une vieille tradition. 

Mais le mouvement social permet d'arracher un jour de congé par semaine, de l'ordre de l'impensable à l'époque. « Le repos le dimanche, ça vient de 1906. Il y a 1099 ouvriers qui sont morts pour ça. »

Pour aller plus loin, lire notre reportage à Méricourt : « Au pied du terril, l'humain sinon rien. »

✍️ Pierre Joigneaux
👉 https://fakirpresse.info/au-pied-du-terril-lhumain-sinon-rien/